Un plaisir original

Bordeaux Paramoteur//Easytrip-Offshore Paramoteur,voyages,hydro-ulm

« Un plaisir original.
Des sensations neuves.
Un goût de modernité. »

Mon petit-fils, jeune pilote à Air France, et déjà « ancien » de l’aéroclub Jean Mermoz, veut me faire goûter à ce sport spectaculaire auquel il s’adonne avec autant de décontraction que s’il s’agissait du jeu de billes de son enfance.

J’aurais dû hésiter : mon âge ! Les dangers de ces envolées ! La « fiabilité » du moteur qu’on porte dans son dos ! Le vent qui peut « fraîchir » ! Le « pilote » qui vous fait décoller ! Que sais-je encore ?
Mais la tentation est grande tant est visible la joie de ceux qui pratiquent ce… « paramoteur » et étonnants à voir ces envolées rapides et ces atterrissages pétaradants ainsi que l’apparence très professionnelle du moniteur du club.
C’était donc dimanche 4 mai, en fin de matinée. Le temps est lumineux, le vent est convenable. Bernard Puyjalon, l’un des responsables du club, est mon pilote.
Bien que sujet au mal de mer, je n’ai aucune appréhension. Après tout, Bernard fait tant de fois par jour ces sauts dans l’espace. Et puis arrive que pourra !
Et j’aurai à raconter à ces terriens encalminés collés à leurs fauteuils devant leur télé jacassante, comment « j’ai vécu » cette nouvelle aventure aérienne en pensant à Clément Ader qui fit voler son « Eole » pour la première fois au monde et qui s’en était sorti… vivant.
Bernard et Jérôme me harnachent sur le petit siège de toile entre deux poignées de métal, devant le siège du pilote Bernard où sont les commandes de l’hélice de 1m de diamètre environ que fait tourner un petit moteur pétaradant comme celui d’une petite motocyclette. Bernard tient dans ses mains les commandes du large parachute orange étalé sur l’herbe de la prairie que des « ficelles » relient aux poignées de cuir et qui va bientôt nous suspendre, la machine, le pilote et moi au-dessus du sol.
« Ca va ? me dit Bernard dans les deux énormes écouteurs serrés sur mes oreilles.
-Ca va !
-On peut y aller ?
-Allons-y ! »
Le moteur pétarade. L’hélice tourne fort. Le petit véhicule, sur trois roues basses, roule en cahotant sur l’herbe de la prairie, quelques dizaines de mètres. Le cerf-volant, derrière nous s’élève cherchant le vent porteur. Et soudain l’on s’envole de quelques mètres au-dessus du sol. Puis plus haut. Et le miracle s’accomplit. Nous volons.
Que dire à la fois de plus banal et de plus exaltant ? Nous nous élevons par cercles successifs jusqu’à 200m d’altitude environ. L’air est doux. Les sensations paraissent d’une étonnante douceur. Une sorte de mollesse que ressentent peut-être les grands oiseaux. Bernard me demande si « tout va bien ». « Tout va très bien… » Le paysage est fabuleux. Des terres admirablement cultivées jusqu’à l’horizon. Des sillons comme tirés au cordeau, que je n’ai jamais vus au ras du sol. Des hameaux minuscules. Des automobiles lilliputiennes qui roulent doucement. Des vaches rousses allongées dans l’herbe verte. Le moteur arrêté nous planons dans un silence total. L’odeur des champs monte jusqu’à nous avec celle du purin. « Parfums » de nos vertes campagnes…
-Ca va ? reprend Bernard.
– Ca va ! C’est formidable ! On est comme suspendus dans le vaste espace, dans le silence et dans la douceur de l’air. Rien devant soi. Et derrière, présent et invisible, Bernard qui dirige notre minuscule esquif dans le vaste océan aérien.
Il est temps d’atterrir. On descend en cercles successifs.
Le moteur est réactivé. Le sol se rapproche. Nous le touchons des roues arrière puis de l’unique roue avant. Des cahots qui tranchent avec la douce uniformité du vol. Arrêt. C’est fini.
– Comment était-ce ? m’interroge  Jérôme.
– Super ! Fameux !
– Tu reviendras ?
– Mille fois encore !
Vous, ceux qui me lirez, tentez l’expérience quel que soit votre âge, votre humeur du moment. Ce que vous éprouverez, conduit par Bernard ou un autre Bernard, c’est quelque chose d’unique, de rare. Qui vous fait « homme » (ou femme) volant pour un bonheur tranquille, comme dut le ressentir, il y a plus d’un siècle, quand voler tenait du miracle, un certain Clément Ader.

Eudes DUN ANT
(nouveau venu dans les paramoteurs en compagnie de Jérôme DUNANT et de Bernard PUYJALON)

 

 

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